Deuxième semaine de formation Master1 de l’EUR ArChal – 16-20 mai 2022

 

Jour 2 – 17/05 : 9h – 18h Déchets et environnement  Salle 101

Il s’agit, à travers 4 interventions courtes de 35mn chacune (suivi de 10mn de question), d’aborder la question de la gestion ou l’absence de gestion des déchets des sociétés anciennes ou actuelles, et l’impact que cela a pu avoir sur l’environnement.

9h00– 9h45 :

Les déchets des pratiques numériques de l’archéologie. Une invisibilité à mettre au jour ?

par Christophe TUFFERY (INRAP, Direction Scientifique et Technique).

Les pratiques numériques de l’archéologie se traduisent par diverses formes de déchets numériques dont les volumes ne cessent de croître mais dont paradoxalement les effets directs et indirects sont encore très peu identifiés. D’une part, la fabrication des équipements numériques utilisés par les archéologues nécessite l’emploi de terres rares intervenant dans la fabrication de certains composants, mais dont l’extraction produit des déchets souvent pas ou peu traités. D’autre part, l’utilisation croissante de moyens de stockage en masse (serveurs et data centers) et des réseaux comme l’internet génèrent des consommations croissantes d’électricité et une augmentation significative de gaz contribuant à l’effet de serre.

Certaines pratiques numériques en vogue comme l’imagerie numérique à haute résolution pour la photogrammétrie ou la réalité virtuelle, sont ainsi de très grosses consommatrices de ces moyens, parfois de façon injustifiée. Il semble que la connaissance de cette situation et des processus qui en sont à l’origine, sont largement méconnus des archéologues eux-mêmes. De plus, ils sont très insuffisamment pris en compte par les organisations professionnelles, scientifiques et administratives de l’archéologie. Or, des actions de sensibilisation à la prise en compte de ces phénomènes et en faveur de la diminution des déchets liés aux pratiques numériques pourraient être aisément engagées. Elles pourraient s’inscrire d’une part dans le cadre des politiques de Responsabilité Sociale des Entreprises, dans leur dimension environnementale, et d’autre part dans le cadre d’une éthique de la recherche archéologique.

9h45 – 10h20 :

From wetlands to reclamation in Comacchio’s Valli (FE, Italy): Microecologies of an ever-changing landscape from the Etruscan port of Spina to Contemporary Age

par Andrea Gaucci (PhD Associate Professor, Università di Bolognan Department of History and Cultures).

The presentation will address the issues related with the human-driven changes in the Po Delta landscape from the 6th c. BCE, when the port of Spina was settled, and Contemporary Age. The analysis will start from the ancient channels and their dumpings and it will arrive to the modern reclamation and the contemporary farming activities. We will see how the human activity has had a deep influence in the precarious balance of this peculiar landscape and how contemporary farming and its different forms of waste influence the archaeological research and the reading of the past in the area.

————————  Pause 20 minutes ———————

10h40 – 11h25 :

L’industrie cinématographique et ses déchets :

le cas de la fouille de la cabane de Peau d’âne (film de J. Demy, 1970) et ses 5000 objets

par Olivier WELLER (CNRS — UMR 8215 Trajectoires).

Une équipe d’archéologues décide en 2012 de s’attaquer aux restes de décors d’un film, l’emblématique Peau d’âne de Jacques Demy, filmé à l’été 1970 en partie dans le château de Neuville (Gambais, 78). Outre le repère de la Fée des lilas, c’est la cabane dans laquelle la princesse cuisine son fameux « cake d’amour » qui retient l’attention. Fouiller un lieu de tournage est une nouveauté en France et en Europe. La même année, dans un désert de Californie, on exhumait un sphinx du film Les Dix Commandements de 1923… Ce projet singulier vise à la fois l’étude des abondants vestiges (plus de 5000 objets mis au jour) que peut laisser un tournage et un conte de fée millénaire, mais aussi celle des décalages entre la vie matérielle d’un tournage, la mémoire des témoins et l’œuvre artistique produite.

11h25 – 12h10 :

Invisibles ateliers : percevoir l’artisanat du verre celtique à travers ses déchets

par Joëlle ROLLAND (Post-doc. — UMR 8215 Trajectoires).

Comment étudier un artisanat sans ses vestiges de production ? L’artisanat du verre celtique se développe du Ve siècle av. J.-C. à la fin du Ier siècle av. J.-C., et laisse derrière lui de nombreux objets finis mais aucun atelier n’a jamais été fouillé. Seuls quelques sites exceptionnels ont révélés des déchets de productions, mais sans outillage ni four associé. Grâce à la mobilisation de référentiels ethnologiques et le développement d’un programme d’expérimentation, des gestes, des chaînes opératoires, des kits d’outillages et des fours ont pu être proposé pour cette production. Les déchets produits lors des expérimentations ont permis une relecture des objets archéologiques et une meilleure identification des déchets. Cette intervention vise à présenter cette étude technologique du verre celtique. Lors de l’atelier, les étudiants seront amenés à aiguiser leurs regards techniques à travers l’observation et la classification de déchets de verre issus des expérimentations.

12h10 à 12h30 – conclusion ou discussions supplémentaires

­­­­————————  Pause déjeuner (12h30 – 14h) ———————— 

14h00– 18h00 :

Atelier 2  –  Identification des déchets

L’atelier va se centré sur de la perception que l’on peut avoir de la notion de déchets en fonction du type de matériau que l’on étudie et des contextes de découvertes. Il sera tournant avec 3 groupes de 5 personnes sur chaque atelier durant environ 45 mn.

Atelier 2.1 animé par Joëlle ROLLAND (INRAP — UMR 8215 Trajectoires) — A la suite de l’intervention de la matinée, les étudiants seront amenés à aiguiser leurs regards techniques à travers l’observation et la classification de déchets de verre issus des expérimentations.

Atelier 2.2 animé par Olivier WELLER (CNRS — UMR 8215 Trajectoires) — Faisant suite au cours du matin sur les déchets de l’industrie cinématographique (fouille des décors de Peau d’âne, Demy 1970), cet atelier présentera une sélection de mobilier retrouvé (métal, verre, plastique, céramique) et une série de plan de répartition du mobilier. Il s’agira d’identifier un mobilier encore inconnu de l’archéologie (comment fait-on ?) et de discuter des plans de répartition (qu’en déduit-on ?).

Atelier 2.3 animé par Francoise BOSTYN (UP1 — UMR 8215 Trajectoires) — Les productions lithiques néolithiques génèrent des quantités de déchets parfois importantes en contexte d’atelier voire de site d’extraction mais parfois aussi en contexte détritique domestique. En utilisant la notion de chaîne opératoire, en travaillant sur la reconnaissance des stigmates de taille et de retouche, cet atelier propose aux étudiants de trier un assemblage lithique provenant de fosses d’un habitat du Néolithique ancien du Bassin parisien, avec pour objectif de reconnaître les différentes chaînes opératoires représentées, les types d’outils recherchés et de discriminer les différentes phases dans le processus de rejet.